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Etudiants socialistes révolutionnaires internationalistes de Paris (ESRI)

Étudiants socialistes révolutionnaires internationalistes de Paris (ESRI) et Groupe des étudiants socialistes révolutionnaires internationalistes de Paris, fondé en 1891.

Voir aussi :

Préface, par Jean-Claude Devinck pour la réédition par le groupe Voline de la Fédération anarchiste de Les Communistes anarchistes et la femme (ca1975) :

« En décembre 1891 naquit le groupe des "Étudiants socialistes révolutionnaires internationalistes", ce fut à cette date le premier des groupes d’étudiants socialistes de Paris. Dans cette voie, il fut précédé, en aout 1890, par un "Groupe d’étudiants anarchistes" qui lancèrent un manifeste aux étudiants du monde entier". La durée de l’association ESRI se divise en deux périodes bien distinctes : de 1891 à 1893, elle regroupait diverses tendances socialistes de l’époque, puis, de 1894 à 1903, le groupe devenait anarchiste.

 » Les fondateurs des ESRI étaient : Jules Louis Breton (faculté des lettres), Alexandre Zévaes (faculté de droit), Léon Thrivier (faculté de médecine) fut le premier secrétaire du groupe. Le groupe, à sa fondation, se composait de 25 adhérents qui se répartissaient en 21 Français, 2 russes, 1 roumain et une personne de nationalité inconnue. Les statuts des premiers ESRI. datent de juillet 1892. Ces statuts disent que le groupe a pour but "l’étude et la propagande" et qu’il prend comme base de sa déclaration les conclusions du socialisme scientifique, c’est-à-dire "la socialisation du sol et des moyens de production".

 » Quelle fut le part de travail des premiers ESRI :

 » En 1892, ils organisèrent des conférences-débats toutes les semaines puis, en 1893 et 1894, les ESRI mirent sur pied, une fois par mois, des conférences auxquelles participèrent les socialistes les plus connus de l’époque : Alemane, Brousse, Guesde, Jaurès, Reclus etc.

 » Les ESRI participèrent à des congrès internationaux, notamment en 1891 à Bruxelles au congrès international des étudiants socialistes, une seconde fois en 1893 à Genève et à celui de Zürich de la même année. Les ESRI pratiquèrent également la solidarité à l’égard des grévistes des mines de Carmaux, en aout-novembre 1892, auxquels ils envoyèrent 25 francs. Une quête fut faite par le docteur Pierrot décidée à l’une de leur assemblée générale du 6 février 1892, en faveur des bucherons grévistes du Cher.

 » Le groupe se scinda lors de la fondation des "étudiants collectivistes" par ceux qui voulaient s’orienter vers l’action politique. [Marc] Pierrot et Marie Goldsmith restèrent en 1893 l’âme du noyau aux convictions anarchistes bien établies. Les relations des ESRI avec le mouvement anarchiste commencent à se nouer ; ainsi, le 24 mai 1893, ils assistèrent à une réunion contradictoire organisée par les groupes anarchistes de Paris ayant pour thème "la jeunesse des écoles et l’anarchie", un des orateurs étant le fameux Tortelier précurseur de la grève générale.

 » En novembre 1896, on renonça aux statuts et, début 1897, le groupe fit imprimer une déclaration dont le caractère anarchiste était clair. Le groupe, était-il affirmé, ne s’est pas fait représenter au congrès socialiste international de Londres en 1896 et "a motivé son abstention en protestant contre l’exclusion des socialistes anarchistes". Le groupe "n’adhère à aucun parti", "il n’a pas de statut, ses tendances sont indiquées par les brochures qu’il publie régulièrement". Le socialisme du groupe est ainsi précisé : "c’est la communauté des biens, l’individualité des personnes" et il est ajouté "les membres du groupe ne s’intéressent à aucune espèce de socialisme d’État, qu’il soit démocratique ou conservateur". Il est encore précisé que les ESRI s’inquiètent "de la propagande efficace plus que du succès politique" et que "le groupe ne se mêle pas d’élections. "Il faut dire qu’à ce moment là, ils n’avaient pas l’intention d’attirer les étudiants par une agitation politique. En 1898, les ESRI font des démarches auprès de l’union des syndicats du département de la Seine afin d’être autorisés à organiser des cours de langues vivantes, d’économie politique et de chimie ; demandes qui resteront sans réponse, mais leur activité essentielle était la rédaction collective de brochures.

 » Des brochures, le petit groupe des ESRI n’en publiera pas moins de 21 de 1894 à 1901 : 14 brochures proprement dites et 7 rapports élaborés à l’occasion du congrès ouvrier de 1900. Les brochures ont de 16 à 46 pages, sauf un petit livre intitulé Comment l’État enseigne la morale, de 174 pages. Quant aux 7 rapports [Cgécaf 041a, ici], ils devaient être présentés au congrès ouvrier révolutionnaire international à Paris, en septembre 1900, réplique du congrès international socialiste de Londres de 1896 qui avait vu l’exclusion des anarchistes mais, le congrès ouvrier fut interdit.

 » Comment étaient rédigées ces brochures ? Une commission en préparait le texte qui était discuté dans les réunions générales et publiques et la rédaction en formait un tel amalgame qu’on ne peut y discerner une influence particulière quelconque. Ses membres furent en contact avec les militants les plus représentatifs du mouvement ouvrier avec [Paul] Delesalle depuis 1892, plus tard avec Fernand Pelloutier. Dans certains domaines, les ESRI se montrèrent en avance sur leur temps. Dans ce rapport qui va suivre, ils affirmèrent que c’était une idée réactionnaire de considérer l’homme comme le pivot de tout le groupe familial, la femme étant rendue ainsi un "être domestiquement esclave" position courante dans le mouvement ouvrier de l’époque puisque le congrès de Rennes de 1898, 4e de la CGT, affirmait à l’unanimité : "l’homme doit nourrir la femme" ce qui provoquait d’ailleurs une réplique de l’anarchiste Delesalle dans Les Temps nouveaux du 29 octobre 1898 qui déclarait : "Le Congrès n’a pas vu qu’approuver de telles résolutions était décréter l’esclavage de la femme et la subordonner au bon vouloir du mari. La femme cependant a droit à la liberté autant que l’homme et elle ne sera réellement libre, croyons-nous que le jour où elle aura conquis la liberté économique et qu’elle ne dépendra en aucune façon du compagnon qu’elle se sera choisi. La femme ménagère, la femme au foyer, c’est la vieille doctrine réactionnaire, c’est la femme sous la dépendance du mari comme celui-ci l’est du capitaliste". »

notices : 20
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Le Socialisme et les étudiants
Étudiants socialistes révolutionnaires internationalistes de Paris. — Le Socialisme et les étudiants. — Paris : J. Allemane, 1894. — 16 p.
localisation : chs
 

Pourquoi nous sommes internationalistes
Étudiants socialistes révolutionnaires internationalistes de Paris. — Pourquoi nous sommes internationalistes. — Paris : impr. Jean Allemane, 1895. — 36 p.

Réformes ou révolution
Groupe des étudiants socialistes révolutionnaires internationalistes de Paris. — Réformes ou révolution. — Paris : Temps nouveaux, [1896]. — 35 p. — 19 cm
localisation : chs, cira (Lausanne)
Impr. G. Bailly (Paris). — Il s’agit de la 4e brochure du groupe (d’après Maitron).

Comment l’État enseigne la morale
Étudiants socialistes révolutionnaires internationalistes de Paris. — Comment l’État enseigne la morale. — Paris : Temps nouveaux, 1897. — 174 p.

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Groupe des Étudiants socialistes révolutionnaires internationalistes de Paris. — L’Individu et le communisme. — Paris : Temps nouveaux, 1897. — 46 p. ; 18 cm.
localisation : chs, cira (Lausanne)
 

Pourquoi nous sommes internationalistes
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localisation : BnF, chs, cira (Lausanne)
Impr. J. Allemane.

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Étudiants socialistes révolutionnaires internationalistes de Paris.Les Anarchistes et les syndicats. — Paris : Temps nouveaux, 1898. — 31 p. ; 19 cm. — (Publications du Groupe des ESRI de Paris ; 8).
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localisation : chs, cira (Lausanne)
Rééd. en 2009 chez Place d’armes.

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Les Anarchistes et les syndicats
Groupe des étudiants socialistes révolutionnaires internationalistes. — Les Anarchistes et les syndicats, 1898. — Paris : Place d’armes, 2009. — 28 p. ; 18 cm.
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1re éd. en 1898 aux Temps nouveaux.

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Groupe des étudiants socialistes révolutionnaires internationalistes. — La Grève générale : rapport présenté au congrès antiparlementaire, 1901. — Paris : Place d’armes, 2009. — 27 p. ; 18 cm.
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1re éd. en 1901 aux Temps nouveaux.
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