« Joe Hill : l’IWW et la création d’une contre-culture ouvrière révolutionnaire »
« Joe Hill (1877-1915) est la personnalité la plus connue de l’histoire épique des Industrial Workers of the World (aussi appelés wobblies). Martyr ouvrier U.-S. et parolier reconnu dans le monde entier, on se souvient surtout de ses chansons du Little Red Song Book : "The Preacher and the Slave" (ou "Pie in the Sky"), "Mr Block", "There is a Power in a Union" et tant d’autres, toujours aussi populaires sur les piquets de grève. »…
La chanson avait donc chez les wobblies une place centrale pour la diffusion, la pratique et la poursuite de la poésie et du savoir. Mais ils usaient aussi d'autres moyens pour exciter l'imagination de la classe ouvrière. Pendant les (...)
Les admirateurs idôlatres ne sont pas les seuls fabricants de légendes sur Hill. Il suffit de prendre la peine de consulter la presse de Salt Lake City dans les années 1914-1915 pour constater qu'il avait beaucoup de détracteurs aussi haineux (...)
Que Joe Hill soit réputé comme « poète IWW » ne doit pas faire oublier ce fait décisif qu'il y avait beaucoup de poètes IWW. Les poètes ouvriers ne sont pas apparus avec la création de l'IWW. L'éducation publique gratuite, née de (...)
Les “-ismes” et autres déclinaisons idéologiques ont rarement préoccupé les IWW : les termes “IWW” et, depuis 1913 environ, “wobbly” leur suffisaient largement. Ils chantaient Les moustaches de Karl Marx faisaient quarante centimètres de long en réponse (...)
Parmi les centaines de formules merveilleuses échangées par les IWW au fil des ans, pie in the sky s'est rapidement taillée une place de choix, qui ne s'est pas démentie. Archie Green, le spécialiste du monde ouvrier, l'appelait "la (...)
Joe Hill, l'amoureux du grand air et de la nature, exemplaire de la vie simple — comme le Joe Hill quasi-féministe et hostile à la “mystique blanche” — reste un parfait étranger pour les historiens. Quant aux romanciers, à de très rares exceptions, (...)
B. A. Botkin, archiviste de l'American Folk Song à la bibliothèque du Congrès, est l'auteur en 1944 d'un imposant (presque mille pages) Treasury of American Folklore. Produit en temps de guerre, l'ouvrage met en exergue patriotique (...)
On ne sait rien des éventuelles connaissances afro-américaines de Joe Hill. En tant que hobo, il partageait sans doute l'égalitarisme et l'antiracisme qui régnaient dans ce milieu — a fortiori chez les hobos arborant la carte rouge. Le (...)
Les socialistes et communistes aux Etats-Unis ont très tôt produit une abondante littérature sur un panel impressionnant de sujets, dans des domaines aussi variés que l'histoire, l'économie, la politique et la culture U.-S. Ils furent (...)
Hill n'a peut-être jamais évoqué le dessin, mais il ne faisait pas mystère de son amour du "griffonnage". Les commentateurs ont interprété le terme seulement dans le sens de l'écriture, mais il peut tout aussi bien s'appliquer au (...)
De son vivant, Joe Hill était avant tout connu pour sa poésie et ses chansons, et c'est encore de cela qu'on se souvient le mieux aujourd'hui. Il fut et demeure la « star » incontestée du fameux Little Red Song Book de l'IWW - le (...)
Aujourd'hui, plus de quatre-vingts ans après que Joe Hill fut « judiciairement assassiné par les autorités de l'Etat de l'Utah », comme le disent ses compagnons wobblies pour désigner cette infamante parodie de justice, sa position de (...)
Joe Hill reprenant Mr Block, la bande-dessinée d'Ernest Riebe, en chanson ; le créateur de Mr Block adaptant Everybody's Joining It de Joe Hill ; Joe Hill réécrivant le couplet de Richard Brazier sur « cette bonne crème [...] qui nous attend (...)
La « justice » de l'Utah donne au condamné à mort le choix entre la corde et le fusil. En tant que prisonnier de guerre de classe, Hill répondit au juge : « je choisis les balles. J'en ai l'habitude. On m'a tiré dessus déjà plusieurs (...)
Tout ce qui fut écrit en anglais au sujet de l'affaire Hill contient curieusement peu d'hypothèses à propos de cette mystérieuse femme, dont le poète IWW refusa obstinément de révéler le nom à la police, au tribunal, à qui que ce soit (...)
Au cours de leurs dernières années, les meilleurs amis de Joe Hill - tous wobblies - avaient tendance à regretter de ne pas en savoir plus sur sa vie. Ils connaissaient l'homme : ils avaient travaillé avec lui, parlé avec lui, écouté sa musique, (...)
Pour les journalistes sans scrupule et leur public ignorant - sans parler du procureur, du juge et du jury - la blessure par balle de Joe Hill était une preuve suffisante, non seulement de sa propre culpabilité, mais également de la nature violente (...)
Des années 1910 aux années 1920, l'IWW fut un véritable syndicat ouvrier, encore que son activité et son influence se soient étendues bien au delà du monde ouvrier “traditionnel”. Que se passa-t-il des années 1930 aux années 50 ? L'Industrial (...)
L'intuition des R. U. Wobblies était bonne, il y avait un lien direct et solide entre l'IWW et le mouvement Beat : il s'appelait Gary Snyder. L'auteur de Montagnes et Rivières sans Fin, un des plus grands poètes contemporains, (...)
Joe Hill n'est généralement pas considéré comme un homme s'intéressant particulièrement à la nature, mais c'est un thème récurrent dans sa correspondance. « Le problème de l'Opprimé aujourd'hui, écrivait-il ainsi à Elizabeth Gurley (...)
Le simple fait que Joe Hill ait pu s'affirmer anti-raciste - en solidarité avec tous les opprimés - est déjà en soi remarquable, en regard de l'idéologie raciste ordinaire des Etats-Unis au début du XXe siècle, qui réservait aux immigrés des (...)
Ouvrez n'importe quel journal et vous y trouverez des allusions à « l'ancien président untel » ou au « précédent premier secrétaire du comité machin ». Mais personne, depuis le 19 novembre 1915, ne s'est jamais référé à Joe Hill de la sorte. (...)
Etablir des certitudes sur les positions de Joe Hill à l'égard de questions sociales précises s'avère décourageant, puisqu'on ne dispose en la matière que de très peu d'éléments : ses chansons et dessins, une poignée de lettres et autres (...)
Hommage du vice à la vertu, il faut admettre que la société capitaliste fit aux membres IWW une faveur singulière, qu'elle refuse d'ordinaire à ses riches et puissants : l'opportunité d'expérimenter la réalité du système judiciaire (...)
Le Comité de Défense de Joe Hill et tous ses soutiens IWW, anarchistes et socialistes plaçaient l'Eglise Mormon parmi les responsables du coup-monté contre Hill, aux côtés des patrons du cuivre, de la police, du tribunal, du gouverneur Spry et de (...)
Comme pour son contemporain Ambrose Bierce, l'épisode mexicain de Joe Hill semble s'être volatilisé dans la poussière turbulente de l'incertitude et des contestations historiques. Mis à part quelques allusions en passant dans ses lettres, (...)
Les chansons et les dessins de Joe Hill traitent les rapports de classe avec une franchise éclatante, aussi directe que frappante. Il a clairement choisi son camp dans la grande lutte entre le prolétariat et le patronat. Mais quelle était sa (...)
Tous ceux qui se sont intéressés aux dessous de l'affaire Hill n'ont curieusement prêté que peu d'attention à la carrière sanglante de ce sinistre personnage dénommé Axel Steele : homme de main, truand, casseur de syndicat et symbole de ce (...)
Joe Hill est une des figures les plus populaires, les mieux détestées et les plus mystérieuses de l'histoire des Etats-Unis. Son nom est familier à des millions de personnes, mais l'histoire de sa vie se perd en grande partie dans le (...)
Les ouvrages sur Hill se focalisent en général sur le wobbly archétypal, héros populaire, chanteur et martyr ouvrier. Mais on a dit peu de choses de son travail d'artiste graphique. Pourtant, de son vivant et jusqu'à dix ans après sa mort, il (...)